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Dans son cours intitulé “Sciences, médecine et technologies à l’époque contemporaine”, Jean-Paul Gaudillière fera bientôt étudier l’article de L.S. Jacyna, « A Host of Experienced Macroscopists » The Establishment of Histology in Nineteenth Century Edinburgh, Bulletin of the History of Medicine, 75, 2001, 225-253. Un texte centré sur Edimbourg, donc qui nous intéresse.
À partir de 1830, le développement de microscopes de plus en plus perfectionnés fut au centre d’une révolution des pratiques médicales et anatomiques. En Grande-Bretagne, l’école de médecine d’Edimbourg servit particulièrement de centre de ralliement et mit en effervescence de jeunes médecins et anatomistes qui ramenaient des microscopes de leur séjour en France, en Allemagne ou en Autriche. Quatre individus se firent ainsi un nom : Allen Thomson (1809–1884), William Sharpey (1802–1880), John Goodsir (1814–1867) et John Hughes Bennett (1812–1875).
Mais au-delà de l’instrument lui-même, il fallait apprendre à s’en servir et si possible être doué. L’intérêt du microscope n’était pas non plus établi, d’éminents anatomistes comme Xavier Bichat mettant en doute la fiabilité de l’instrument (de la même façon que la lunette de Galilée fut questionnée à ses débuts). Mais la stratégie de l’école d’Edimbourg, qui fut d’introduire le microscope et l’histologie dans les enseignements de médecine, permit de former une nouvelle génération puis une communauté d’anatomistes dévoués à l’instrument. Ce que l’auteur appelle la “république microscopique d’Edimbourg”, mobilisant à son profit les institutions et sociétés savantes locales.